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TARAB LING - Introduction et historique

Tarab Ling – Institut de formation et de recherche

En 1959, lorsque Tarab Tulku XI fut contraint à l’exil et abandonna le Tibet et ses études à l’Université du monastère de Drepung, il était déjà lui-même un enseignant et avait plusieurs étudiants. Une fois arrivés au camp de réfugiés de Buxa, dans le Nord de l’Inde, qui était une ancienne prison anglaise, lui et son maître, Pahra Pema Gyaltsen voulurent rétablir la tradition académique du Tibet en Inde, ne sachant pas s’il serait possible de retourner au Tibet.

Pour comprendre l’importance de ceci pour les Tibétains ainsi que pour le grand public, il faut considérer que le monastère de Drepung à Lhassa était alors la principale institution académique du Tibet ancien et qu’il était le seul endroit au monde où la tradition bouddhiste du Tibet comprenait l’intégralité de la tradition académique originale indienne qui y était toujours vivante et mise en pratique.

En plus d’être un maître de la tradition académique bouddhiste, Tarab Tulku XI, à un niveau personnel, était très curieux à propos de sa propre tradition et, comme il était confronté au monde moderne en Inde, il se rendait compte qu’il était très important de relier la connaissance bouddhiste à la tradition scientifique moderne et que l’union de ces deux traditions pouvait être très profitable pour les deux et pour l’humanité. Dans cette optique, il faisait souvent référence à un sage tibétain du XXème siècle, Guendune Tcheupel, qui termina sa vie au Tibet comme un banni à cause de ses opinions.

Le travail de Tarab Tulku au camp de réfugiés s’acheva lorsque la Dalaï Lama lui demanda par trois fois de partir en Occident et d’utiliser là ses capacités de sage éminent. La troisième fois que cela lui fut demandé, son maître Pema Gyaltsen lui dit qu’il ne pouvait plus refuser et il vint donc à la Bibliothèque Royale de Copenhague au Danemark. Après deux ans au Danemark, Tarab Tulku XI retourna en Inde pour occuper le poste de directeur de la Maison du Tibet à New Delhi. Il y travailla pendant deux ans mais il lui apparut clairement que pour transférer pleinement le cœur de la tradition bouddhiste du Tibet dans un contexte moderne, il lui était nécessaire de vivre le plein impact de la vie moderne et d’en faire l’expérience. Il retourna donc au Danemark et reprit le travail à la Bibliothèque Royale ainsi que l’enseignement à l’Université de Copenhague et vécut une vie de famille normale.

Pendant sa vie en Occident, Tarab Tulku XI a travaillé sur son projet central qui était de « traduire » l’ancienne tradition bouddhiste dans un contexte moderne et progressivement, il développa le concept d’ « Unité dans la Dualité » et le programme de formation associé. Il avait un vaste programme d’enseignement en Occident et dans les années 90, il pensa que le temps était venu pour lui de présenter ses découvertes à ses compatriotes en Inde et pour cela, il jugea utile d’y établir un institut.

Ayant reçu une forte somme d’argent, il décida de transmettre cette somme au projet d’établissement de cet institut – Tarab Ling – en Inde. En 1999, il se rendit en Inde à la recherche d’un endroit convenable dans la région himalayenne. En conséquence, il fut décidé d’acheter un terrain aux environs de Dehradun et une association fut créée sur place qui serait propriétaire de l’institut et le dirigerait sur la base d’Unité dans la Dualité. En 2001, un beau terrain fut acquis à 11 km de Dehradun, au bord de la rivière Baldi, avec vue sur les contreforts de l’Himalaya.

Tarab Tulku XI envisageait qu’il enseignerait lui-même aux chercheurs tibétains confirmés à Tarab Ling et que Tarab Ling contribuerait aussi au programme de formation UD pour les gens du monde entier, les études individuelles comme les conférences se rapportant à la science moderne.

Tarab Tulku XI avait commencé ce travail lorsqu’il fut invité à enseigner dans 21 instituts tibétains en Inde lors d’un programme de conférences organisé par Sa Sainteté le Dalaï Lama en 2003. Cet fut un succès mais malheureusement, il fut atteint d’une maladie mortelle l’année suivante et mourut en septembre 2004. Sur son lit de mort, il confia à son élève principale et cofondatrice du programme Unité dans la Dualité, Lene Handberg, le soin de continuer son travail à la fois en Occident et en Inde. Quelque peu réticente, elle accepta cette tâche qui semblait pour le moins un défi. Mais elle promit à Tarab Tulku XI de faire de son mieux et, dans cet esprit, le travail a progressé même en Inde, bien qu’elle soit une femme occidentale aux yeux bleus.

 

La construction de Tarab Ling

Les travaux de construction à proprement parler commencèrent en 2010. Avant cela, un nombre incalculable d’obstacles se sont présentés mais à la surprise de grand nombre des personnes impliquées, ils ont tous été surmontés, y compris un procès devant la Haute Cour intenté par un promoteur qui avait d’autres projets pour le terrain.